De
nos jours, le blaireau demeure méconnu pour la plupart
d'entre nous.
On ne le connaît
bien souvent qu'à travers les préjugés
colportés
depuis la nuit des temps, faisant de lui une "bête
puante" et "nuisible". Les nombreuses croyances à son
sujet sont certainement liées au fait qu'il n'est actif
qu'à la nuit tombée et donc rare à apercevoir.



Illustrations
moyenâgeuses représentant le blaireau comme
une bête féroce
et sanguinaire
"Le blaireau ou taisson
[...] demeure volontiers dans la terre ou, s'il en sort, ce
n'est guère loin de
ses fosses. Il vit de toutes vermines et charognes et de tous
fruits et d'autres choses, comme le renard, mais il n'ose pas
tant s'aventurer de jour, car il ne sait ni ne peut fuir. Il
vit plus de sommeil que d'autre chose. Ils font leurs petits
une fois l'an, comme les renards et, comme eux, dans les fosses.
Quand on les chasse, ils se défendent fort et ont la morsure
venimeuse comme le renard" (Gaston Phébus - Le livre de chasse
début XVe siècle).
Pourtant, avec son allure
de "petit ours", le blaireau a de nombreux atouts
pour gagner notre sympathie. Lorsque l'on prend la peine de
mieux le connaître, on s'aperçoit très
vite qu'en réalité, c'est un animal craintif
et paisible.



Le blaireau est le seul
membre de la famille des mustélidés à vivre en clan
Fiche
d'identité :
Nom scientifique :
Meles meles - Nom
anglais : europeen badger
Classification :
mammifère - Famille : mustélidés
Longueur :
70 à 90 cm - Poids :12 à 15 kg pouvant
dépasser les 20 kg à la fin de l'automne
Espérance
de vie :15
ans - Activité : nocturne
Reproduction :
de janvier à mars et à l'automne - Une
portée
par an de 2 à 7 petits
Répartition géographique :
de l'Asie à l'Europe de l'ouest
Habitat :
principalement forestier - Habitation :
terrier principal et de petits terriers secondaires
Alimentation :
omnivore (la moitié de son alimentation est
composée de lombrics)
Particularités :
véritable
terrassier. comportements sociaux très forts
Le
crâne de blaireau est caractéristique :
La crête sagittale
au dessus du crâne est très prononcée
et la mâchoire inférieure n'est pas détachable
de la partie supérieure du
crâne



L'empreinte de ce plantigrade
ne laisse aucun doute quant à son identification. Elle ressemble
à celle
d'un petit ours en miniature. Les cinq coussinets sont bien marqués
et prolongés de griffe



Contrairement aux idées
reçues, le blaireau est un animal très propre
:
il creuse de petits trous
appelés "pots"
pour faire ses besoins. Ces pots lui servent également à marquer
son territoire.
Le blaireau change régulièrement
sa litière afin d'avoir un lit propre et confortable au fond
du terrier.
Pour
cela, il ramasse des herbes et des feuilles sèches qu'il
ramène au terrier à reculons entre ses pattes avant et son
menton.
Cliquez
sur la photo pour visiter le terrier à 360 ° :




Le terrier de
blaireau est une véritable forteresse composée
de plusieurs entrées appelées "gueules".
Il atteint parfois 5 mètres
de profondeur, sur plusieurs niveaux, pour arriver à des
chambres où les blaireaux passent la journée.



Le
blaireau évacue la terre à reculons grâce à
ses puissantes pattes antérieures. Ses passages répétés
forment une gouttière
caractéristique
à l'entrée de son terrier.

Certains
terriers, plus que centenaires, peuvent représenter
près de 40 tonnes de terre extraite.
Les terriers sont occupés de génération
en génération. Le nombre de gueules et la quantité
de terre ressortie ne renseignent donc pas sur le nombre
de blaireaux présents.
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- FAIRE UN ETAT DES LIEUX
POUR MIEUX CONNAITRE LE BLAIREAU -
Si vous connaissez, ne
serait-ce qu'un seul terrier de blaireaux dans la région Poitou-Charentes,
téléchargez
cette fiche et retournez-la à l'Association :

En aucun cas,
il est envisagé de mettre sur la place publique
les
positions exactes des terriers
Pourquoi est-il
important de recenser les terriers de blaireaux ? :
Pour lutter contre la
rage dans les années 1970, de nombreuses
campagnes de gazage ont été menées en France.
Le renard, principal vecteur de la rage, c’est vu pourchassé jusqu’au
fond des terriers. Des quantités importantes de chloropicrine
(gaz mortel) ont été jetées au fond des
galeries afin de tuer par asphyxie les renards et, par la même
occasion, les blaireaux qui occupaient ces mêmes terriers.
Le blaireau a vu ses effectifs chuter de manière vertigineuse.
La technique du gazage
n’a pas empêché le virus
de la rage de progresser sur le territoire français. Ce
n’est qu’après la mise en place de la vaccination orale
pour le renard (vaccin dispersé sous forme d’appâts)
que la rage a été éradiquée en France.
C’est après avoir constaté l’efficacité de
cette vaccination orale et après avoir observé en
laboratoire la grande souffrance des animaux gazés que
le gazage a été interdit.
Aujourd’hui, les blaireaux
ne font que reconstituer péniblement
leurs effectifs naturels après une forte diminution, proche
de l’extinction. Mais, le blaireau n’est pas prolifique. Si une
population de renards peut se renouveler en quatre années
seulement, il en est tout autrement chez ce mustélidé :
une blairelle a une portée de 2 à 5 petits par
an voire tous les deux ans. Seulement la moitié des blaireautins
atteint l’âge d’un an et un blaireau n’est sexuellement
mature qu’à l’âge de deux ans.
De plus, l’impact qu’exerce
l’homme sur la démographie
du blaireau est de plus en plus important : le trafic routier,
la détérioration des milieux naturels, la destruction
de terriers, l’urbanisation galopante, sans oublier la chasse
(piégeage et déterrage), amènent certains
spécialistes à penser
que les populations de blaireaux pourraient être en grande
diminution contrairement aux idées reçues.
Aujourd’hui, aucune étude
ne permet d’avancer des chiffres concernant les populations
exactes de blaireaux
au niveau national. Alors, comment savoir si les effectifs sont
en augmentation comme le prétendent certains chasseurs
et agriculteurs ou au contraire, si ces effectifs sont en diminution
sérieuse comme l’annoncent certains scientifiques et naturalistes
?
Pour répondre à cette question…un seul moyen…recenser
de manière objective et rigoureuse un maximum de terriers
dans chaque région. Cet inventaire, poursuivi au fil des
années, permettra de mettre en évidence l’évolution
réelle des populations de blaireaux ainsi que la qualité de
leur environnement.
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Réglementation
concernant la chasse au blaireau :
En France, le blaireau
est classé « espèce
gibier ». C’est-à-dire, une espèce que l’on
peut prélever dans la nature lors d’une action de chasse
(en terme de réglementation de la chasse, la notion de « gibier » n’est
pas liée au fait que l’animal soit consommable ou non).
Dans la région Poitou-Charentes, La chasse au blaireau
est autorisée du 15 septembre au
15 janvier et du 15 mai
au 30 juin avec une période complémentaire si des
dégâts sont constatés (Arrêté n°2008/DDAF/SFEE/316
du 30/06/2008 – Préfecture de la Vienne).
- En période de chasse, le blaireau est chassé par
déterrage. Pour information, le département de
la Vienne compte 22 équipages de déterrage.
- En période complémentaire, par arrêtés
préfectoraux, les louvetiers et piégeurs agréés
peuvent éliminer des blaireaux suite à des plaintes
principalement liées à des dégâts
dans les champs de maïs, en automne notamment lorsque cette
céréale est en lait. L’autorisation est accordée
quand les dégâts, constatés par le piégeur
ou louvetier, représentent dix ares
de maïs couchés
au sol. Cette destruction peut se faire par déterrage et par piégeage.
Les pièges utilisés sont des pièges homologués
dit en « X » (pièges tuants installés à la
gueule du terrier) et des collets à arrêtoir posés
dans la coulée du blaireau. Chaque piège doit posséder
le numéro d’agrément du piégeur
Les collets doivent avoir un diamètre d’ouverture de 20
cm. Le bas du collet doit être positionné entre
18 et 22 cm par rapport au sol. Chaque collet doit être
attaché à une chaîne par un émerillon,
la chaîne étant reliée à une ancre
fixe et non mobile. Les pièges doivent impérativement être
visités par le piégeur dans les deux heures qui
suivent le levé du jour (un collet à arrêtoir
est conçu pour ne pas tuer l’animal. Il est donc de la
responsabilité du piégeur dès le petit matin
de tuer l’animal piégé ou de le relâcher
si celui-ci appartient à une espèce dite protégée).
L’utilisation de cage piège est autorisée mais
rarement utilisée pour le blaireau car inefficace. Quant
au tir de nuit, cette pratique est totalement interdite.
Une remarque
:
10 ares de maïs représentent 1 tonne de grains de
maïs soit un préjudice pour l’agriculteur estimé à environ
100 - 150 €.
Environ 25 à 30 interventions appelées « battues
administratives » sont effectuées chaque année
durant la période complémentaire dans le département
de la Vienne. Ça représenterait donc un coût
global au moins de 25 000 € (25 tonnes de maïs de détruits)
rien que dans ce département. Hors, toutes les expertises
menées sur les dégâts provoqués par
les blaireaux démontrent que les nuisances agricoles demeurent
très modestes au plan économique, ce qui n’empêche
pas qu’elles puissent être parfois jugées insupportables
au plan psychologique.
« les expertises effectuées au cours de l’année
1982 en Loir-et-Cher, à la suite de plaintes répétées,
ont ainsi abouti à constater des
dégâts de
quelques dizaines de francs seulement par agriculteur (LUNAIS
1982). Des dommages plus importants sont constatés ici
ou là, dans des situations souvent particulières
(culture enclavée en forêt, par exemple) ».Extrait
p29 de l’Encyclopédie des carnivores de France – le Blaireau
- par Claude Henry, Lionel Lafontaine et Alain Mouches éditée
en 1988 par la SFEPM (Société Française
pour l’Etude et la Protection des Mammifères).
Dans de nombreux pays
voisins, le blaireau est classé « espèce
protégée » Il s’agit notamment de l’Espagne,
la Grande-Bretagne, le Luxembourg, l’Italie, la Belgique, les
Pays-Bas, le Danemark, la Grèce, l’Irlande et le Portugal.
Crédits
Photos : Robert Luquès - Toute reproduction interdite